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La Drôme provençale : lavande, olive et chaleur

Au sud d'une ligne Montélimar-Dieulefit, la Drôme bascule dans la Provence. Le fait le plus mal compris de ce pays tient en une distinction : la lavande et le lavandin sont deux plantes différentes, qui ne fleurissent ni au même moment ni à la même altitude. Se tromper coûte une semaine.

C'est aussi la partie la plus chaude et la plus sèche du département, celle où les 40 journées annuelles à plus de 30 °C se ressentent le plus. Camper ici en août sans ombre est une épreuve, pas des vacances.

Lavande vraie et lavandin : la distinction utile

La lavande vraie, ou lavande fine, est l'espèce d'origine. Elle pousse en altitude, généralement au-dessus de 700 à 800 mètres, forme des touffes irrégulières et donne un rendement modeste. Son huile essentielle est la plus recherchée, et la production de Haute-Provence bénéficie d'une appellation d'origine protégée.

Le lavandin est un hybride entre la lavande vraie et la lavande aspic. Il est stérile, se reproduit par bouturage, pousse plus bas en altitude, forme des touffes régulières et produit beaucoup plus d'huile. Ce sont ses rangs alignés, parfaitement identiques, que montrent la plupart des photographies.

La conséquence pratique est calendaire. Le lavandin fleurit le premier, généralement de la fin juin à la fin juillet selon l'année et l'exposition. La lavande vraie suit, courant juillet, et d'autant plus tard qu'elle est haut placée. Une même semaine peut donc donner des champs coupés en bas et des champs en boutons plus haut.

Les dates de floraison ne sont jamais fixes

Elles dépendent de l'altitude, de l'exposition et de l'année. Une avance ou un retard de deux semaines est courant. La seule information fiable à quelques jours vient des offices de tourisme locaux, qui suivent l'état des parcelles, et des exploitations elles-mêmes.

Une règle de politesse qui est aussi une règle de droit

Un champ de lavande est une parcelle agricole appartenant à quelqu'un, pas un décor. Y entrer sans autorisation, y marcher, y couper des tiges ou y installer un pied photo cause un dommage réel à une récolte dont l'exploitant vit.

Deux précautions suffisent. Photographier depuis le bord de la route ou depuis un chemin public ne pose aucun problème. Et plusieurs exploitations ouvrent leurs parcelles et leur distillerie à la visite, ce qui règle la question tout en apprenant quelque chose.

Un mot de prudence enfin : les champs en fleur sont pleins d'abeilles, en pleine activité par temps chaud. Ce n'est pas anecdotique si vous voyagez avec de jeunes enfants ou une personne allergique.

Nyons, l'olive et les appellations

Nyons est le pôle du sud du département. Son olive noire et son huile d'olive bénéficient d'une appellation d'origine protégée, ce qui suppose une aire géographique délimitée, une variété identifiée et un cahier des charges contrôlé. Ce n'est pas un simple label commercial.

Le département porte deux autres productions protégées bien identifiées : le picodon, fromage de chèvre partagé avec l'Ardèche, et la Clairette de Die, vin effervescent produit plus haut dans le Diois. Les marchés locaux les réunissent tous les trois.

Les marchés provençaux sont d'ailleurs l'activité la plus rentable du secteur en été. Ils commencent tôt et se terminent vers midi, ce qui correspond exactement à la seule plage horaire confortable de la journée. Le reste de l'après-midi se passe à l'ombre.

Grignan, les Baronnies et les villages perchés

Le château de Grignan, associé à la correspondance de madame de Sévigné avec sa fille, est le monument le plus visité du sud du département. Il domine un village qui vit largement de cette fréquentation, ce qui se traduit par une affluence réelle en juillet et août.

Les Baronnies provençales, à l'est de Nyons, forment un pays de montagnes sèches et de villages perchés, devenu parc naturel régional. La fréquentation y chute nettement dès qu'on quitte les axes, et l'altitude y apporte un peu de fraîcheur nocturne que Nyons n'a pas.

C'est aussi dans les Baronnies que se pratique l'observation des vautours, réintroduits dans le secteur depuis les années 1990. Notre page faune et oiseaux en traite en détail.

Camper dans le sud : la chaleur comme premier critère

Trois éléments deviennent décisifs ici. L'ombre d'abord : la garrigue et le chêne vert donnent une ombre moins dense que les feuillus du nord du département, et un emplacement sans arbre est inutilisable l'après-midi.

L'eau ensuite. La Drôme provençale est parcourue de rivières à régime très irrégulier, comme l'Eygues, qui peuvent être à sec en août et en crue en octobre. Une baignade repérée sur une carte n'existe pas forcément en plein été.

L'orientation enfin. Un emplacement ouvert à l'ouest reçoit le soleil de l'après-midi, le plus dur, et restitue sa chaleur une partie de la nuit. Ce détail, invisible sur une brochure, se lit sur une vue aérienne.

Questions fréquentes

Quand la lavande fleurit-elle dans la Drôme ?

Le lavandin fleurit d'abord, généralement de fin juin à fin juillet selon l'année. La lavande vraie, cultivée plus haut en altitude, suit courant juillet et d'autant plus tard qu'elle est élevée. Les dates varient de deux semaines d'une année à l'autre et se vérifient auprès des offices de tourisme locaux.

Quelle différence entre lavande et lavandin ?

La lavande vraie est l'espèce d'origine, cultivée en altitude, en touffes irrégulières et à faible rendement. Le lavandin est un hybride stérile, planté plus bas, en rangs réguliers, avec un rendement en huile bien supérieur. Ce sont les champs de lavandin que montrent la plupart des photographies.

Peut-on entrer dans un champ de lavande pour prendre des photos ?

Non, sans l'accord de l'exploitant : un champ de lavande est une parcelle agricole privée et une récolte. Photographier depuis la route ou un chemin public ne pose aucun problème. Plusieurs exploitations ouvrent leurs parcelles et leur distillerie à la visite pendant la saison.